Les Gris-Gris fêtent la science !

Le week-end prochain, les 15 et 16 octobre, les Gris-Gris d’Albanie participent à leur première Fête de la Science, au Muséum de Toulouse.

A cette occasion, ils vous attendent dans l’espace « Champs libres » pour vous faire découvrir qui ils sont et d’où ils viennent. Je serai dans l’exposition pour répondre à toutes les questions des visiteurs.

On me dit que l’un d’eux s’est échappé de l’exposition : à vous de le retrouver !

Les « Gris-Gris d’Albanie » au Muséum de Toulouse depuis le 6 septembre et jusqu’au 6 novembre !

DSC_2328Depuis trois ans, je réalise des « safaris » dans un pays méditerranéen tout proche, l’Albanie : au bout de mon objectif, une faune riche et variée de peluches et de jouets. Gardiens des treilles, vigies des terrasses ou fantômes des chantiers, toutes ces créatures sont en position pour combattre le mauvais œil au côté des plus traditionnelles gousses d’ail et cornes de bélier. Neufs, pimpants, délavés ou méconnaissables, ils surgissent suspendus à un balcon, accrochés à un mur ou au bord d’un toit, au moment le plus inattendu.

Ces « éloigne-malheurs » pourraient paraître dérisoires mais dans ce pays si longtemps isolé du reste du monde, assiégé par un ennemi invisible, la présence, même symbolique, de protecteurs, exprime un profond besoin de sécurité. Ils sont des imaginaires de fantaisie dans un pays privé de croyances, autoritairement, pendant des décennies, et les repères d’une population désormais ouverte aux autres.

J’accompagne ces clichés de textes qui leur inventent une histoire sous une forme anthropomorphique librement assumée.

En tant qu’espèces exceptionnelles, de toutes les formes et de toutes les couleurs, animaux inconnus ou « toons » célèbres, les Gris-Gris d’Albanie ne sont pas peu fiers d’être accueillis au Muséum de Toulouse et invitent petits et grands à venir les rencontrer pour fêter la rentrée en septembre.

Une galerie de Gris-Gris !

 

 

 

Les premiers gris-gris se dévoilent

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La petite fille sur les tuiles

Aucun enfant n’a su naître sous ce toit et lentement les pleurs ont cessé de couler sur les tuiles surchauffées. L’adorable poupée de chiffon que l’on croyait symbole d’une fécondité certaine est restée là, oubliée.

Des années plus tard, le tissu est décoloré, le biberon vide, le visage et les mimines desséchées. Personne n’a songé à récupérer cette petite momie devenu porte-malheur.

Enfant mort-né. Regrets au soleil.

 

DSC_4740L’ours bleu

Son costume bleu et blanc rappelle la mascotte du club de football national argentin. Il appartient à la famille des ursidés mais sans certificat. Son bibi rose ne permet pas non plus de déterminer son sexe.

En fait, ce truc à poils est sorti d’un stand de chamboule-tout : des balles jetées contre une pyramide de boîtes en fer cabossées qui s’effondrent : c’est gagné.

Mais la belle a poursuivi la promenade du soir dans les bras du perdant… Le vainqueur, après avoir bu pour oublier, s’est vengé sur cette adorable peluche en le plantant sur l’un des pieux soutenant la vigne de son jardin.

Mais pourquoi à l’envers ?

 

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 La drôle de créature

En haut du village, au pied d’une villa en réfection, traînent quelques jouets d’enfants, épars. Accroché au premier étage, la drôle de créature sourit, d’un sourire pétrifié.

Il regarde droit devant lui pour ne pas voir la chose, le Schmürz, son prédécesseur, celui qui a connu les années de dictature. Sans commentaire. Lui a fait tout son devoir, l’année où la chambre d’enfant a pris feu. Une sorte de héros.

Mais ne le touchez pas : il pourrait éclater de malheurs.

 

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Le moose

Dans la petite rue tranquille, le mur d’une ancienne maison a cédé et vomi un immense tas de gravats.

A côté, sur le volet tout en faux bois de cette belle villa, un moose tout neuf et bien propret sourit aux passants. On le dirait tout juste de retour d’un voyage de ses propriétaires dans l’ouest canadien.

Pourvu qu’ils rouvrent vite les volets : il a très mal à l’oreille droite !

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 La poupée nue

Attachée à un poteau de granit, nue. Un cou cerclé d’un câble électrique. Des cheveux brûlés à l’acide. Un regard bleu acier dérangeant. Une bouche figée dans l’ironie.

Une vraie scène de crime tout droit sortie d’un épisode d’un feuilleton américain dont les ressorts principux seraient, comme souvent, la violence et le sexe.

Le scénario est autre. Dans cette maison, un enfant soigneux qui, avant d’offrir sa poupée, a préféré garder ses habits pour les donner à une autre.

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Le Telettuby rouge

Brutalité du bleu du ciel. Rudesse des lauzes. Hardiesse des pentes pavées : Girokäster, la résistante.

A mi-pente, à la terrasse d’une belle demeure en cours de rénovation, est accroché, par son antenne circulaire, un Teletubby. Imaginée et créée en Grande-Bretagne par Anne Wood et Andrew Davenport à la fin des années 90, c’est une petite fille un peu timide qui adore les gros câlins (« big hugs »).

Elle s’appelle Po. Elle est rouge. En quête de liberté dans sa ville grise.

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Et les casemates se sont faites toute petites et… carrées.

« Casemates et Gris-gris d’Albanie »

Casemates et Gris-gris d'Albanie« Casemates et Gris-gris d’Albanie » à l’Espace, 26 Place Denfert-Rochereau, Paris, du lundi au vendredi de 18 à 20 heures.                                                                               Face aux casemates, champignons en ville, tortues sur les plages ou masques de Dark Vador dans les montagnes, j’ai découvert en Albanie les gardiens des treilles, les vigies des terrasses ou les fantômes des chantiers qui combattent le mauvais oeil au côté des traditionnelles cornes de bélier. Des poupées et des peluches (Winnie, Snoopy et autres Teletubbies) et d’autres créatures, malmenées par les intempéries ou l’oubli, se sont imposées à mon objectif.